Crise Anglophone: Scènes et vies des déplacés internes à Douala

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Des rencontres d’échanges et de réflexions organisées par l’ONG Un Monde Avenir dans 5 communes de la ville de Douala entre des déplacés internes et des associations locales ont édifié de nombreux citoyens sur leurs situations

Dans le cadre du projet Cadre  de  Réflexion  et d’Action  sur  les  Déplacés  Anglophones (CRADA), Un Monde Avenir  a organisé du 2 au 17 novembre 2019 des rencontres avec des déplacés internes et des associations locales. l’objectif principal de ces rencontres, informer  les locaux des  causes  réelles  du  déplacement et leurs conditions de vie  afin  de  faciliter  leur intégration  sociale. Dix  rencontres au total ont été organisées avec 306 personnes mobilisées parmi lesquelles 188 déplacés internes et 118 membres d’associations locales.

Au cours des rencontres, chaque déplacé s’est prêté au jeu, et en fonction de sa durée en terre d’accueil le témoignage pouvait varier. Les récits avaient des points de convergence, mais aussi des différences selon les localités de provenance. Partant des  conditions  de  leurs  déplacements, en passant par  leurs  conditions  de  vie  actuelle, et leur cohabitation avec leur entourage, le constat est presque le même. Partis presque tous la peur au ventre, laissant derrière eux maisons et plantations détruites, et parfois des parents assassinés, ils décrient le mépris, la stigmatisation, et l’intimidation dont ils sont victimes  au quotidien.  Ils  dénoncent par ailleurs l’abandon par les pouvoirs publics ; parmi les 188 déplacés rencontrés, nombreux déclarent  n’avoir jamais reçu d’aide de l’Etat.

Pleurs, désespoir, consternation, et dégoût constituent désormais le quotidien de ceux-ci  qui ont du mal à s’intégrer, confrontés  à la cherté de la vie à Douala.  Le manque de logement, de nutrition, et d’emploi sont là quelques difficultés majeures soulignées.  Ils expriment de vives inquiétudes pour l’éducation et l’avenir de leurs enfants, privés de leur droit à l’éducation depuis 3 ans. Face à cette situation, ils se remettent à Dieu en l’évoquant nuits et jours afin qu’il réalise un miracle.

Ces rencontres au final ont permis aux associations locales non seulement de toucher du doigt les difficultés et réalités que traversent ces déplacés internes venant des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, mais aussi de se rendre compte du degré d’impact négatif sur  ces déplacés à travers leurs attitudes ou des paroles haineuses, telles que « Amba boys ou encore Bamenda.»

Malgré la douleur et la peine, un vent d’espoir et de soulagement à pu souffler sur chacune des parties prenantes en particulier les déplacés qui ont, par des chants et des prières, tenus à remercier l’ONG Un Monde Avenir pour le temps consacré à leur écoute. 

Nous vous proposons à la suite de ces rencontres, dans nos prochaines publications  une série de témoignages de ces déplacés.

Aïchetou MAKOUET

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